Mon enfant je t’éduque pour être  dépressif ❤

Spread the love

Accordons-nous déjà sur un fait dès le début de cet article. Je ne suis pas psychosociologue (bien que j’aspire à l’être), et je ne prétends pas avoir la science infuse sur les sujets que je vais aborder dans cet article. Tout part d’un vécu, d’un constat, d’une observation.

Il y a un dicton dans mon dialecte qui dit qu’un enfant n’est pas à nous parce que nous l’avons porté ou contribué (biologiquement) à ce qu’il vienne au monde, mais parce que nous l’avons élevé. Nous nous sommes occupés de lui. Je partage parfaitement cette pensée, mais j’aimerais ajouter à cela qu’un enfant, bien qu’il soit à nous ne signifie pas que nous le connaissions.

Beaucoup de parents font souvent cette erreur de se dire qu’ils connaissent leur enfant. Ils le mettent dans le même moule que les autres sans vérifier si c’est la bonne taille ou le bon volume. Chaque individu est physiologiquement différent du reste des quelques milliards d’humains que nous sommes sur terre. Il n’y a pas un modèle type d’éducation  qui corresponde  à  tous les enfants. De même  que tout le monde n’encaisse pas de la même  manière et que les répercussions  ne sont pas les mêmes. L’on peut certes avoir  un modele d’éducation, mais il faut le rendre smart, de manière à l’adapter selon l’enfant.

Beaucoup de parents confondent éducation et méchanceté.
Nombreux sont les parents qui ne connaissent pas la limite entre la méchanceté et la rigueur, l’éducation et l’humiliation. Nous sommes en Afrique va-t-on me dire ; tout ce que le parent dit est bon pour l’enfant, tout ce qu’il fait est juste. Il ne commet en aucun cas des dérives. Il n’agit jamais pour nuire à son enfant. Quand il parle et fait l’enfant doit dire amen (dit donc nous ne sommes pas chez les blancs).

Mais le souci avec ce genre de réflexion, cette manière de faire est que très facilement, l’on dérive. L’on atteint l’enfant là où il ne faut pas et on oublie que la douleur des mots est 5 fois plus douloureuse et indélébile que la douleur des coups.

Aujourd’hui, nous avons des adultes perturbés, des adultes sans réels repères, des adultes incapables de s’assumer parce que victimes d’un système d’éducation qui veut que l’on humilie son enfant sous prétexte de le forger. Nous avons des adultes brisés psychologiquement. C’est un système qui confond autorité et abus de pouvoir. Un système d’éducation qui ne sait pas que l’enfant, notre enfant est un être à part entière, qu’il a un corps, un cerveau et donc une capacité à analyser ce qui se passe dans son environnement.

On produit des bombes à retardement, ils s’étonnent que les rapports entre eux et leurs enfants soient quasi-inexistants. Comme par magie, l’enfant doit voir en vous le père aimant et non le commandant en chef dépourvu de sentiments, cette image de père ou de mère intolérants et sévères dont vous avez tant vanté les mérites doit disparaître au moment où ça les enchante. Parce que devenu vieux, ils ont maintenant besoin d’avoir des relations de confiance de proximité avec leur enfant. Parce que les enfants de l’ami qui ont le même âge que les siens sont complices avec le dit ami. Il voudrait la même chose.

J’entends souvent des parents dire à leur enfant : « je ne suis pas ton ami, je suis ton père». Mais un père, c’est un tout, c’est un ensemble de choses, c’est l’ami qui connaît ce qui plaît à son fils, c’est le père qui éduque et enseigne, qui subvient aux besoins, c’est le frère qui protège. Un enfant n’a pas besoin qu’on lui rappelle qui est l’autorité. Quand on le lui rappelle trop, c’est que la méthode d’éducation du parent a échoué. Il y a de parents qui n’ont que sujet de conversation avec leur enfant que « l’ECOLE ». Oui, c’est très important parce que ça lui permettra de se mettre à l’abri du besoin demain, ça lui permettra d’être cultivé. Parler de ce qui plaît à votre enfant avec lui ne fait pas de vous un mauvais parent, cela contribue à son épanouissement, cela contribue à asseoir vos relations sur le long terme. Le jour ou votre enfant aura fini son école et aura un boulot, quel va être votre sujet de conversation ?. Aidez votre enfant à trouver sa voie en lui faisant confiance, pas en lui dictant ce que vous pensez être bien pour lui. Ne vivez pas la vie de vos enfants par procuration. Vos erreurs ne sont pas les siennes. Là où vous avez échoué, il peut réussir et vice-versa. C’est en se cognant qu’on évite de repasser par le même chemin. Ne vous étonnez pas que votre enfant s’entende mieux avec votre voisin que vous. Que l’adulte qu’il est devenu préfère ne plus rien à voir à faire avec vous.

Vos enfants sont des adultes en devenir. Traitez-les comme tel si vous n’avez pas envie de finir seul, ou les voir foutre leur avenir, leur vie en l’air en devenant des dépressifs compulsifs, des suicidaires, des adultes non épanouis. Des adultes mal dans leur peau.


Commencez par les éduquer et non les terroriser, commencez par les comprendre au lieu de les accabler. Commencez par féliciter quand ils font bien, les conseiller quand ils font mal, au lieu de les humilier. Protégez-les, oui protégez-les. Un parent n’expose pas son enfant. J’entends très souvent les gens dire quand une personne est dépressive : « Aah les choses des blancs ! » Ou  « c’est un faible »   . Bien qu’il y ait des pathologies qui soient propres à certaines races, la dépression n’en fait pas partie. Ce qui se passe, c’est que trop de gens préfèrent traverser ça, vivre avec et ne pas en parler. C’est comme un sujet tabou, un sujet qui si on en parlait, ferait qu’on nous étiquette de faible et de fragile. Bien au contraire, le dépressif est fort, très fort pour pouvoir supporter tout ce qui se passe dans son corps et sa tête quand il est pleine crise de dépression. Avec votre manière de faire, je le répète vous créez des bombes à retardement. Vous les tuez déjà vous-même avant que le suicide ne s’en charge. Non se suicider n’est pas un acte réservé aux lâches. C’est la suite logique d’une dépression. C’est un appel à l’aide, une sorte de signal rouge vif. La dépression n’est pas que psychologique. Elle est également physique. C’est une maladie, pas un délire passager. Et on n’en guéri pas comme on guérit d’un paludisme. C’est selon les degrés un long processus de guérison.

Donner de l’amour à votre enfant. Montrez-lui qu’il en vaut la peine, éduquez-le, montrez-vous sévère quand cela est nécessaire, mais ne confondez pas sévérité et méchanceté, sévérité et abus d’autorité.

Beaucoup diront que c’est une éducation à l’occidentale que je veux prôner. Loin de là, je crois et je défends nos valeurs et nos traditions. Mais quand notre manière de faire ruine les gens qui sont sensés nous succéder, il y a lieu de le dénoncer. Nous ne sommes plus dans nos villages. Nous vivons pour la la plupart en ville avec le stress, les tracas et les réalités de la vie en milieu urbain. Les réalités ne sont plus les mêmes, l’humain à une capacité d’adaptation. Il faut que cela s’adapte aussi à notre manière de faire selon les environnements.

Sur ce, je sors de vos têtes 🙂

You may also like

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WordPress spam bloqué par CleanTalk.