Reine Nzinga,ce sexe faible qui a su se faire respecter et marqué l’histoire.

Je ne vais pas faire un hymne de groupie à la reine zinga, mais rappeler la femme de poigne qu’elle était. La falsification de notre histoire veut que l’on retienne d’elle qu’elle était cannibale et qu’elle a participé à la traite négrière en renégociant à la hausse le prix des pseudos esclaves vendus. J’ai décidé pour ma part de faire abstraction des commérages historiques et de ne retenir que des faits vérifiables. Mais surtout m’appuyer sur un évènement clé de sa vie.

 

L’on ne retient des gens que le meilleur d’eux, surtout si ce meilleur prime sur le mauvais côté de la personne.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, la reine Anna Nzinga, Ana de Sousa Nzinga Mbande ou Njinga Mbandi, connue également sous le nom de Nzinga du Ndongo et du Matamba, est née fin 1583 et est décédée le 17 décembre 1663. Élevée en reine par son père, il l’éduqua pour qu’elle lui succède à sa mort. Au décès de ce dernier, son frère ainé monta sur le trône. Il était hors de question que sa sœur, une simple femme, formée ou pas, choisie ou pas par leur père, devienne reine de son vivant. Il fit assassiner le fils unique de Nzinga et marqua au fer rouge son appareil génital afin qu’elle ne puisse plus procréer. De ce fait, il élimina la naissance d’un autre potentiel héritier de Nzinga. Il ne pouvait la tuer parce que c’était un atout majeur pour les négociations avec les colons. Elle était intelligente, rusée et bilingue. Dans un premier temps, il la chassa, puis il va se servir d’elle comme ambassadrice pour négocier la paix avec les portugais. Il mourut quelques années plus tard. La cause de sa mort reste floue. D’aucuns disent qu’il s’est suicidé et d’autres que la reine Nzinga l’aurait empoissonné. Son règne fut minable. Il avait enchaîné défaite sur défaite face aux portugais. À la mort de ce dernier, elle monta sur le trône à L’âge de  40 ans et fit également tuer le fils de son frère. Elle fut reine du royaume de Ndongo et du royaume de Matamba pendant plus 30 ans, avec une grande ouverture sur le monde. Elle avait compris très tôt que pour bien combattre son ennemi, il fallait d’abord le connaître. Vous connaissez le fameux adage qui dit « sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis ». La reine Nzinga fut la première dirigeante à avoir pensé stratégie pour abolir la traite négrière en affranchissant des esclaves. Elle avait une grande habileté politique, un grand sens de la stratégie militaire. Elle savait rassembler les peuples. La reine Nzinga est l’une des figures principales de la résistance africaine. Elle a mené ses troupes jusqu’à plus de 60 ans. Voilà en quelques lignes le résumé de la vie de cette femme.

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Vous pouvez compléter vos connaissances sur la reine Nzinga en achetant des ouvrages tels que « Reines d’Afrique » et en regardant des documentaires à son sujet. Il y a également un film qui parle de son histoire. Je vous déconseille fortement de vous référer uniquement à Wikipédia. Ne faites pas les paresseux. Je vous recommande aussi de lire des ouvrages écrits par des historiens, noirs ou africains. Bref

 

J’ai eu une conversation avec une connaissance. Il y avait un souci familial et il fallait qu’une décision soit prise dans l’urgence. Je ne comprenais pas pourquoi les choses traînaient. Je lui fis part de mon incompréhension, elle me répondit « ma Co, j’attends que mon petit frère revienne de voyage, c’est lui qui va décider ». Surprise, je lui demandais pourquoi. Elle me dit tout bonnement, bien qu’elle soit l’ainée, « mais c’est lui L’HOMME de la famille ». Soyez honnête, on vous l’a déjà fait celle-là ou même dans votre famille, vous l’avez déjà entendu. Ah, une femme ne peut pas diriger une famille, elle va aller en mariage.

Au départ, je voulais juste faire un article présentant les grandes femmes noires qui ont marqué l’histoire. C’était sans compter sur le fait que les propos de cette nana fassent déclic dans ma tête.

Sexe faible : Désigne une personne de sexe féminin.

 

Au nom du soi-disant sexe fort, on déshérite souvent les femmes pour donner pouvoir aux hommes. Le plus triste, c’est que les femmes cultivent ces idées reçues au nom du respect des traditions. J’aime nos traditions, nos us et coutumes mais, quand il y a débordement, désordre et misogynie, je ne peux en aucun cas me contenter d’un « c’est comme ça, c’est la tradition ». Si Nzinga, dès le départ, avait pris le pouvoir comme prévu. il y aurait eu moins de drames dans la famille. Son frère et elle auraient formé une bonne équipe afin de repousser la menace occidentale. Ce n’est pas le sexe de la personne qui définit le degré de maturité, de responsabilité ou de leadership d’un individu. C’est la personnalité, la maturité et bien d’autres critères qui n’ont rien à voir à sa condition physique. Je vois très souvent des familles donner le poids des responsabilités au frère cadet quand une femme est aînée de la famille, sous prétexte que c’est lui « l’homme ». Même s’il n’a pas la carrure de porter l’étoffe de chef de famille, on la lui donne, on attend qu’il arrive pour décider.

 

Chaque lutte, épreuve dans votre vie, ne doit pas Vous faire oublier votre but final.

 

NZinga a perdu le seul enfant qu’elle avait, a été chassée de ses terres. Elle savait qu’elle avait hérité de ce royaume et quoi qu’il advienne, elle devait le récupérer. Pas par cupidité ou simple vengeance, mais pour continuer le travail de son père. pour accomplir sa destinée. Celle d’éviter que les portugais s’emparent des terres de ses ancêtres en toute impunité.

L’histoire de Nzinga n’est pas sans nous rappeler le phallocentrisme aigu de certains hommes. Très souvent, ceux qui pensent ainsi sont plus cupides que traditionalistes. Cette même tradition a permis à des pères de faire de leurs filles des chefs de famille. Interdisant même à leurs filles de se marier, d’avoir des enfants.  Elles qui garantissaient l’équilibre de la famille. Si elles osaient passer outre cette décision, elles perdraient la vie ou seraient condamnées d’une quelconque manière. On dira de ce genre de femmes « à Bele nsisim fem » : elle a un esprit d’homme, comme pour dire qu’en tant que femme, elle n’aurait pas pu. La tradition n’interdit pas à une femme de gouverner, c’est la cupidité et la misogynie des hommes qui l’interdise.

Nzinga a marqué positivement l’histoire de l’Angola avec sa lutte contre l’occident. Il y aura toujours  une certaine incompréhension sur les moyens utilisés , certains accords, certains compromis, mais c’est ça aussi la politique. J’ai appris, en cours de négociation, qu’il fallait céder un peu pour avoir notre épingle, l’épingle étant ce pourquoi nous sommes rentrés en négociation. Mais elle ne s’est pas laissée mettre de côté sous prétexte que c’était une femme. Elle ne s’est pas dit « mon frère qui est homme ferait mieux que moi ». Si au plus profond de vous, vous vous sentez investie d’une mission, remplissez-la, sans peur. S’il y a un poste qui se libère, que vous savez que vous pouvez assurer, n’hésitez pas à postuler. Il n’y a pas un travail intellectuel, et même physique, de nos jours qu’une femme ne puisse faire si elle s’en sent capable.

Il n’y a que des traditions stupides et des humains à la réflexion limitée comme leur propre personne. Je vois déjà beaucoup crier au féminisme, non les génies.Cela n’a rien à voir également avec l’émancipation, c’est une foutue question de bon sens et de réalisme. Nous ne sommes pas juste bonnes à épouser et à bombarder d’enfants. Nous pouvons, et ce depuis que le monde est monde, gérer des responsabilités, mener des guerres, nous occuper de la famille. Encore une fois, les responsabilités, ce n’est pas juste une question réservée aux hommes.

 

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